
Elle n’a jamais gagné le Goncourt et elle n’a pas été interviewée par Michel Drucker - mais Dulcinée est bien appréciée comme étant une des artistes qui a marqué (et marque encore) l’effervescente scène culturelle montréalaise. On l’a déjà décrite ainsi :
“Danseuse? Certes. Comédienne? Bien sûr. Chanteuse? Accomplie. Mime? Raffinée. Artiste multidisciplinaire? Ça aussi. Mais ce ne sont que des moyens vers un but – un théâtre délicat, aigre-doux, énigmatique et humain qui devient beaucoup plus que la somme de ses diverses parties”
(Max Wyman, The Province, Vancouver)
C’est pour cela que Dulcinée est appréciée dans le milieu artistique, tous genres confondus. Elle s’intéresse avant tout à l’acte de communication, et ses différents supports (chansons, projections et musiques) sont des outils et non une fin en soi.
L’amalgame de ces éléments combiné aux propos tragi-comiques que l’on retrouve dans chacune de ses pièces constitue son fil conducteur. À partir de là, les critiques autant que le public s’entendent pour dire qu’elle dépeint la condition humaine, en jouant sur l’ironie et la satire, avec une facilité tellement déconcertante que chaque spectateur en arrive à vivre sa propre vulnérabilité et se réconcilier avec le côté absurde de la vie.

Cercle Vicieux (l985), La Voisine (1988), Hockey! O.K.? (1991) , Portrait d’une femme avec valise (1994) et Victoria (1999) ont été applaudies en Amérique du Nord, au Mexique, en Europe et en Asie. Quand le vautour danse (de Abla Farhoud) était une co-production avec le théatre d’Aujourd’hui (1997). À son actif, on peut également compter une vingtaine de chorégraphies pour le théâtre, la comédie musicale et la télévision. Sa diversité de talents, son sens socio-satirique et l’inspiration qu’elle a apporté au milieu artistique lui ont valu l’honneur d’être nommée Personnalité de l’année en danse par le quotidien montréalais La Presse.

“On me demande souvent de définir mon travail en termes d’une discipline - sauf le public – puisque pendant le spectacle cela devient évident. L’imagination humaine ne catégorise pas, et la preuve en est dans nos rêves. Nous n’avons pas de rêves “parlants”, de rêves “musicaux” ou de rêves de “mouvements”. Nos rêves ne sont pas “traditionnels” ou “expérimentaux”. Quand on rêve, on mélange des choses. L’imagination agit à un niveau beaucoup plus profond que le langage ou la culture, elle provoque et fait appel à tous nos sens. Elle suggère et provoque l’éveil de notre mémoire. C’est ce processus que j’essaie de refléter sur scène.
Je tente de trouver l’équilibre entre le réel et l’abstrait, convaincue que l’on peut être “vraie” sur scène sans pour autant être « réaliste » J’utilise tout mon corps (incluant mes cordes vocales) et je m’entoure de collaborateurs chevronnés afin que les moyens techniques utilisés pour créer la magie du spectacle ne constituent pas une entrave à l’accessibilité du propos, lequel doit être perçu par le public."

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